Le Timor Oriental a signalé en février 2026 le premier cas de diphtérie confirmé en laboratoire dans le pays depuis plus de cinq ans.
Il s'agissait d'une fillette de cinq ans originaire de Bidau-Santana,
dans la municipalité de Dili, admise à l'hôpital national HNGV le 13
février. Elle présentait de la fièvre, un gonflement bilatéral du cou,
des difficultés à avaler, entre autres symptômes caractéristiques.
Malgré un traitement antibiotique et des soins de soutien, elle est
décédée trois jours plus tard. Un test PCR réalisé dans un laboratoire
de référence à Darwin, en Australie, a confirmé le diagnostic le 25
février.
L'enfant avait reçu tous les vaccins de routine jusqu'à
l'âge de neuf mois, mais n'avait pas reçu son rappel DTP prévu à
dix-huit mois, un retard attribué aux perturbations liées à la pandémie
de COVID-19. Elle n'avait jamais voyagé à l'étranger.
Une
intervention rapide et concertée du ministère de la Santé et de
l'Organisation mondiale de la Santé a permis de contenir ce cas confirmé
de diphtérie, aucun autre cas n'ayant été détecté dans les semaines qui
ont suivi.
Conformément aux directives de l'OMS, un seul cas de
diphtérie confirmé en laboratoire suffit à déclencher une réponse
globale de santé publique. La réponse s'est déployée sur deux axes :
À
l'hôpital HNGV, 19 agents de santé ont reçu un rappel de vaccin
antitétanique et diphtérique, et 15 ont reçu une prophylaxie
antibiotique.
Après avoir obtenu l'accord de l'école et des
parents, 91 élèves et plusieurs enseignants ont bénéficié de vaccins
antidiphtériques et d'une prophylaxie par azithromycine.
Le
Dr Arvind Mathur, représentant de l'OMS, a déclaré que l'expérience du
Timor-Leste démontrait comment une notification rapide, une coordination
technique efficace et la mobilisation communautaire pouvaient contenir
un pathogène à haut risque avant qu'il ne s'implante durablement. Il a
ajouté que ce cas rappelait également que les lacunes en matière de
vaccination, conséquences de la pandémie, continuent de se manifester de
temps à autre.
Reporters sans Frontières a publié ce 30 avril 2026 son bilan annuel sur l’état de la liberté de la presse et du travail des journalistes dans chaque région et pays du monde. Timor Leste apparaît en 30ème position dans le classements général.
Voici la partie qui concerne la région d'Asie-Pacifique, le Timor y est en troisième position, après la Nouvelle Zélande et Taïwan.
Des
accusations de terrorisme aux lois sur la cybersécurité, les régimes
autoritaires instrumentalisent le droit pour museler la presse
Dans
21 des 32 pays et territoires évalués en Asie-Pacifique, la situation
de la liberté de la presse est “difficile” ou “très grave”. La région
figure parmi les plus répressives au monde et la tendance s'aggrave.
Plus préoccupant encore, les modèles de censure forgés par certains
régimes autoritaires, au premier rang desquels la Chine, s'exportent désormais bien au-delà de leurs frontières.
L’influence des modèles autoritaires
Sur le papier, la
quasi-totalité des États de la région reconnaissent la liberté de la
presse. Dans les faits, ce principe est massivement piétiné. La Corée du Nord
(179e) en offre l'illustration la plus extrême : inscrite dans la
constitution, la liberté d'informer y reste lettre morte. Le pays
demeure l'un des régimes les plus fermés au monde, où la presse
indépendante est tout simplement interdite.
En Chine
(178e), le régime a considérablement élargi son arsenal répressif ces
dernières années, en multipliant les lois sur la sécurité nationale,
régulièrement brandies pour emprisonner des journalistes. Avec 121
d’entre eux actuellement derrière les barreaux, le pays est la plus
grande prison au monde pour la profession. Un modèle qui inspire ses
voisins : au Vietnam (174e) et en Birmanie (166e), des lois de “cybersécurité” calquées sur le modèle chinois sont devenues des instruments de censure en ligne.
En Afghanistan
(175e), depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont
méthodiquement mis en place un cadre législatif destiné à contrôler
l'image du pays, à étouffer toute remise en cause de leur pouvoir et à
imposer leur propagande.
La criminalisation du journalisme, de l'Inde aux Philippines
Même dans des contextes
moins verrouillés, les cadres juridiques sont de plus en plus détournés
pour bâillonner les journalistes. En Inde
(157e), le harcèlement judiciaire contre les médias indépendants
s'intensifie, nourri par un recours croissant aux lois pénales –
diffamation et sécurité nationale, entre autres – ciblant directement
les professionnels des médias. Au Pakistan
(153e), la presse fait face à des vagues successives de restrictions
dans un climat politique tendu, où les autorités cherchent à encadrer,
voire à étouffer, la circulation de l'information.
Aux Philippines
(114e), l'accusation de terrorisme s'est muée en outil de répression
contre la presse. Frenchie Mae Cumpio, 27 ans, en est l'exemple le plus
éloquent : elle est détenue depuis six ans sous cette accusation dans
une affaire montée de toutes pièces, un cas sans précédent dans le pays.
En Indonésie (129e), à Singapour (123e), en Malaisie (95e) et en Thaïlande
(92e), les journalistes sont régulièrement la cible de
poursuites-bâillons, engagées par des élites politiques ou économiques
qui exploitent les failles de systèmes juridiques offrant peu de
protection à la presse.
Les modèles démocratiques sous pression
Même dans les démocraties établies, des dispositions légales fragilisent la liberté de la presse. Au Japon
(62e), la loi sur les secrets d'État fait peser une menace diffuse sur
le journalisme, faute de garanties suffisantes pour la protection des
sources – un terreau propice à l'autocensure. En Corée du Sud
(47e), les récentes mesures prises par le gouvernement pour lutter
contre les “fausses informations” sont critiquées par des organisations
de défense de la liberté de la presse, ce qui révèle la tension
persistante entre la lutte contre la désinformation et la préservation
du droit d'informer.
Aucun pays de la région ne figure dans le top 20 du Classement mondial de la liberté de la presse. La Nouvelle-Zélande (22e), malgré un recul de six places, reste le meilleur élève de la zone. Taïwan (28e), le Timor oriental (30e) et l'Australie
(33e) affrontent des défis réels, mais continuent d'offrir un
environnement globalement protecteur. Autant d'exceptions dans une
région où la liberté de la presse ne cesse de se dégrader.
publié par Association France Timor Leste @ 16:04,
,
Pour la deuxième fois depuis le coup d’État militaire de février
2021, Nay Pyi Taw a décidé de déclarer non grata un diplomate étranger.
Après le départ discret en 2021 de l’ambassadeur désigné de la
République démocratique du Timor oriental, celui-ci n’ayant pas remis
ses lettres de créance au chef de la junte, puis l’expulsion de son
successeur le chargé d’affaires Avelino Pereira en août 2023, c’est au
tour du chef de poste Elisio do Rosario de Sousa de devoir rompre son
établissement rangounais sous sept jours.
Le ministère des Affaires étrangères de la junte lui a officiellement
notifié de boucler ses valises d’ici le 20 février. Cette mesure
d’exception fait suite à l’ouverture d’une plainte à Dili contre la
Tatmadaw et son chef le général Min Aung Hlaing. Ils sont respectivement
accusés par une association birmane de défense des droits de l’Homme de
crimes de guerre et de génocide dans l’État Chin.
Le dossier pénal constitué évoque des viols collectifs, des
massacres de masse, des assassinats de journaliste, de mineurs, de
responsables religieux, et des bombardements meurtriers
d’infrastructures hospitalières
Ce n’est pas la première fois que les autorités de la junte sont
incriminées devant la justice d’un État-membre de l’ASEAN. Mais
jusqu’ici, les procédures intentées n’ont pas suscité de réactions
diplomatiques courroucées. Il est vrai que les plaintes déposées,
respectivement en Indonésie et aux Philippines en 2023, étaient
demeurées lettres mortes. Il y a trois ans en avril, celle de Jakarta
fut même jugée anticonstitutionnelle.
Autrement dit, aucune démarche judiciaire en Asie du Sud-Est n’avait
prospéré et donné l’occasion d’incriminations pénales contre un ou
plusieurs responsables des forces armées de la junte. Rien ne dit qu’il
n’en sera pas de même cette fois-ci dans le cadre de l’action audacieuse
engagée au titre de la compétence universelle des tribunaux timorais.
Toutefois, la première étape procédurale vient d’être franchie. C’est
d’ailleurs elle qui suscite la crise ! Elle est vécue avec d’autant
plus d’acrimonie à Nay Pyi Taw qu’elle donne en réalité suite à la
démarche infructueuse esquissée à Manille. Non seulement, le plaignant
chin est identique mais il en appelle une fois encore, explicitement, à
la justice d’un pays « catholique », au nom de « la persécution continue
des chrétiens » par la Tatmadaw.
Les récriminations venues de Nay Pyi Taw sont vives car un procureur timorais a été désigné pour enquêter
Les autorités judiciaires entament avec diligence leur examen du
dossier ; deux semaines à peine après le dépôt de la requête introduite
par le cabinet de l’avocat dilinais Jose Teixeira. De manière «
inopportune » pour la junte, la demande en réparation attire, depuis le
sein même de l’ASEAN, l’attention sur les crimes commis par la
soldatesque putschiste à l’heure où son chef cherche à se départir des
mises en cause de son rôle devant les cours de justice de La Haye (CIJ,
CPI) et compte bien sur les élections générales de décembre 2025 –
janvier 2026 pour normaliser, enfin, les relations extérieures de son
régime, en particulier avec l’Asie du Sud-Est.
Une entreprise de dédiabolisation qui risque de se voir ralentie et
complexifiée. La Birmanie a besoin de la bienveillance de ses voisins
pour affaiblir les oppositions qui se sont levées contre le pouvoir
militaire depuis cinq ans ; et d’investissements massifs pour relancer
une économie à la croissance négative (-3% en 2025). Cependant, la
méthode diplomatique tonitruante du ministère birman des Affaires
étrangères a pour effet immédiat d’attirer l’attention publique et
médiatique sur un différend judiciaire demeuré à bas bruits.
L’expulsion du chargé d’affaires timorais illustre
l’expression autoritaire du régime militaire mis en place par le général
Min Aung Hlaing
Elle procède d’une politique d’intimidation d’un membre de l’ASEAN.
Elle pourrait d’ailleurs aller plus loin encore. Nay Pyi Taw a fait
savoir publiquement qu’elle prendrait, si nécessaire, d’autres « mesures
plus strictes », sous-entendant une possible rupture des relations
bilatérales déjà bien fraiches. La Birmanie n’a, en effet, toujours pas
d’ambassade au Timor-Leste, contrevenant par là-même aux relations
institutionnalisées entre États-membres de l’ASEAN.
En annonçant l’expulsion du diplomate dilinais après une discussion
entre le président José Ramos-Horta et des responsables de
l’Organisation des droits de l’Homme Chin (CHRO) et le choix procédural
d’un magistrat pour examiner une plainte, la posture de la junte
constitue une ingérence manifeste dans un processus judiciaire
indépendant, même s’il est vrai que les autorités timoraises ne
cherchent manifestement pas à l’entraver.
Pas sûr toutefois que cette méthode diplomatique forte ne produise
pas un effet pénal et communicationnel inverse à celui escompté. En
clashant publiquement de cette manière, Nay Pyi Taw escompte faire
passer les dirigeants timorais auprès des pairs aseaniens pour de
dangereux maximalistes, nourrissant de facto et de jure la guerre civile
en Birmanie. Les dirigeants de la junte cherchent aussi à obtenir le
soutien de tous ceux qui, au sein de l’ASEAN, voient dans la procédure
judiciaire engagée par un État-membre contre un autre un dangereux
précédent.
La tactique confrontationnelle vise certainement aussi à contenir le
constant plaidoyer de Dili en faveur de l’opposition démocratique. Nay
Pyi Taw a pourtant été déjà instruit des limites de cette approche. En
expulsant au premier septembre 2023 le chef de la mission diplomatique
timoraise à Rangoun, le premier ministre Xanana et son ministre des
Affaires étrangères Milena Rangel avaient proclamé aussitôt que
l’expulsion de leur représentant n’affecterait en rien l’adhésion du
Timor-Leste à l’ASEAN. Il en fut effectivement ainsi. Dès lors, il n’est
pas certain que la nouvelle décision exécutoire contre Elisio do
Rosario de Sousa rende moins audible sur la scène régionale les discours
des leaders timorais sur la situation birmane. Nay Pyi Taw a en effet
peu de chance de voir s’estomper les critiques du Timor-Leste sur le
non-respect des 5 points de consensus établis par l’ASEAN au printemps
2021.
Le général Min Aung Hlaing veut décrédibiliser (inter)nationalement Dili
Le Timor-Leste a parfaitement compris cette approche. Dans sa réponse
envoyée à la presse par la présidence de son conseil des ministres, il a
été souligné que son action s’avère en ligne avec les positions prises
par l’ASEAN et les Nations unies. Les uns et les autres ont réitéré «
l’importance de supporter tous les efforts pour un retour de l’ordre
démocratique en Birmanie » et des droits de l’Homme.
Cerise sur le gâteau, le gouvernement de Nay Pyi Taw est désigné sous
le vocable infamant pour le général Min Aung Hlaing de « junte
militaire » et sous aucune autre dénomination. Le texte va même plus
loin puisqu’il y est souligné l’illégitimité du régime en place. Il est
expressément évoqué des élections démocratiques annulées, sous-entendues
celles de 2020, et un appel au respect de la volonté du peuple,
manifestement celle-ci ne se trouvant pas dans les scrutins menés au
cours des deux derniers mois.
L’interprétation de la polycrise birmane par Dili détonne en Asie du
Sud-Est. A la différence de Bangkok, le Timor-Leste l’interprète non pas
comme le fruit d’un affrontement entre le pouvoir central et des
groupes ethniques insurgés mais comme étant un face-à-face entre des
démocrates et des néo-autoritaires. Cette compréhension des évènements
et de l’Histoire n’est pas sans résonance avec la lutte pour
l’indépendance de l’île durant l’occupation indonésienne.
Les relais de propagande de la junte ne se privent pas de faire ce
parallèle dans la presse et sur les réseaux sociaux. Ainsi le Front
révolutionnaire pour un Timor oriental indépendant (FRETILIN) serait le
pendant des groupes terroristes opérant aujourd’hui en Birmanie. Il
aurait, lui aussi, bénéficié des mêmes partis pris occidentaux, ce qui
aurait valu en 1991 puis 1996 les prix Nobel de la paix à Daw Aung San
Suu Kyi et José Ramos-Horta.
Dès lors, les plus radicaux soutiens à la junte appellent à ne pas
transiger avec Dili. Cet arrière fond hargneux offre la possibilité à la
diplomatie de la Commission d’État pour la paix et le développement
(SSPC) de jouer dans un registre plus juridique son combat
politico-idéologique avec José Ramos-Horta et Xanana Gusmao. Il n’en a
pas moins le même objectif : faire obstacle aux relations privilégiées
d’un État-membre de l’ASEAN avec le gouvernement d’opposition (NUG) au
général Min Aung Hlaing.
Le Timor-Leste et son chef d’État accusés d’ingratitude
Les leaders timorais sont les seuls dirigeants d’Asie du Sud-Est à
entretenir des relations régulières, légitimantes et coopératives avec
le NUG. A l’automne 2025, la SSPC formait le vœu que Dili se montrerait
moins récriminant une fois acquise son adhésion comme 11ème État-membre
de l’ASEAN. Il n’en a rien été. Pourtant, ayant formellement exprimé
dans la dernière ligne droite de l’adhésion son opposition à la
candidature du dernier des États nés d’Asie – Pacifique, Nay Pyi Taw
avait obtenu un signe de reconnaissance du régime militaire en place.
Le ministre des Affaires étrangères Bandito dos Santos Freitas est en
effet venu dans la capitale birmane pour des entretiens de haut niveau
(17 – 19 septembre 2025). Il a également mis noir sur blanc l’engagement
de son pays à ne pas « tolérer les activités d’organisations illégales »
et autoriser l’ouverture d’un bureau de représentation d’organisations «
illégales » (ex. NUG) sur le sol de l’île. Au cœur du différend
birmano-timorais est toutefois demeuré le sens à donner au principe de
non-ingérence et au respect de la Charte de l’ASEAN. Mais avant tout il
s’agissait pour Nay Pyi Taw de s’assurer que soient coupés tous les
liens bâtis avec le NUG depuis août 2023 lors des entretiens de José
Ramos-Horta avec la ministre des Affaires étrangères du NUG Daw Zin Mar
Aung et Aung Myo Min son collègue en charge des droits de l’Homme.
Au fond, le général Min Aung Hlaing et son entourage n’ont pas
compris l’ADN de la classe politique timoraise. Ils n’ont pas saisi
qu’il existe un consensus politique dilinais sur le soutien à
l’opposition birmane. Celle-ci s’emploie d’ailleurs à entretenir des
liens avec tout le spectre partisan insulaire, à l’image du directeur de
l’ONG chin (CHRO) Salai Za Uk Ling qui a eu à la mi-janvier un
tête-à-tête avec l’ex-premier ministre Mari Alkatiri.
En adoptant une posture de franche hostilité vis-à-vis du
Timor-Leste, la junte de Nay Pyi Taw ne s’emploie pas à se donner un
visage post-électoral plus avenant, et à revenir consensuellement dans
le jeu de l’ASEAN. Elle entretient même la bipolarisation de
l’association régionale sur le dossier birman, entravant de fait les
efforts de Bangkok visant à renouer les liens entre Nay Pyi Taw et la
collectivité des États-membres de l’Association des nations d’Asie du
Sud-Est.
La
Présidence de la République vient de publier un communiqué, dont
l'original est en anglais et dont voici une traduction automatique :
Note du cabinet du Président du Timor-Leste :
Le Timor-Leste n’a PAS nommé de procureur spécial pour enquêter sur les violations des droits de l’homme au Myanmar.
Le
Président a rencontré une délégation de défenseurs internationaux des
droits de l’homme, dont un humble membre de l’une des nombreuses
nationalités ethniques du Myanmar. Ce groupe international de défense
des droits de l’homme a informé le Président qu’il s’était rendu au
bureau du procureur général du Timor Leste et avait déposé une demande
en vertu de la clause de compétence universelle.
Le
président a écouté le groupe et a déclaré que ni lui ni le Premier
ministre n’interviendraient dans cette affaire, dans le strict respect
de l’indépendance de la justice.
Peut-être
que le camp birman a réagi de manière excessive et a créé une tempête
dans un verre d'eau. Pour éviter de futurs malentendus, le Myanmar et le
Timor-Leste devraient engager un dialogue plus régulier, soit
bilatéralement, soit par l’intermédiaire des bons offices du Secrétariat
de l’ASEAN.
Le
Timor-Leste continuera d’être guidé par la position en cinq points des
dirigeants de l’ASEAN sur la manière de désamorcer le conflit et de
revenir au processus démocratique. Il convient de noter que le Myanmar
lui-même est signataire de l’Accord en cinq points sur la crise du
Myanmar.
Le chercheur Timorais Joctan Lopes participe à cette exploration et témoigne.
La majeure partie de la vie sur Terre reste encore inconnue.
Les scientifiques estiment qu'il reste des millions d'espèces marines à découvrir, et c'est au cœur du Triangle de Corail que cette biodiversité cachée atteint son apogée.
Au large des côtes nord du Timor-Leste, OceanXplorer se lance dans l'une de ses expéditions les plus intensives : un BioBlitz de deux semaines. Les hélicoptères décollent à l'aube. Les submersibles descendent à 1 000 mètres. Les ROV plongent encore plus profondément. Les plongeurs explorent les récifs baignés de soleil. Tous les outils sont mis en œuvre. Chaque minute compte.
La science à plein régime.
Une équipe internationale d'experts, aux côtés de scientifiques timorais, travaille jour et nuit pour explorer, prélever des échantillons et répertorier le plus d'espèces possible. Des étoiles de mer aux concombres de mer, en passant par les coraux, les mollusques et les vers, l'équipe s'attend à découvrir des centaines d'espèces nouvelles pour la science.
Mais documenter la biodiversité ne se limite pas à la découverte.
Il s'agit aussi de protection.
En combinant imagerie haute résolution, prélèvements peu invasifs et analyses ADN, l'expédition établit les bases scientifiques nécessaires à l'élaboration de politiques de conservation et à la protection de l'un des écosystèmes les plus extraordinaires de la planète.
Plongez avec nous au cœur de la biodiversité marine et découvrez des espèces peut-être encore jamais observées par l'homme.
Les autorités du Timor-Leste vont déterminer s’il y a lieu
d’engager des poursuites contre les dirigeants militaires du Myanmar,
dont le chef de la junte, Min Aung Hlaing (ici le 27 mars dernier).
STR/AFP
Alors que le droit international est à un « point de rupture », un petit pays s’en prend seul à la junte du Myanmar
Face aux limites des juridictions internationales, le
Timor-Leste choisit la compétence universelle pour viser les dirigeants
de la junte birmane.
Il y a à peine quatre mois, le Timor-Leste est devenu officiellement membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean). Cette semaine, le pays a franchi une étape sans précédent : ses autorités judiciaires ont désigné un procureur
chargé d’examiner la responsabilité de l’armée du Myanmar dans des
crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Il s’agirait de la première fois qu’un État membre de l’Asean engage une telle procédure contre un autre pays du bloc.
La démarche résulte de l’action d’un collectif de victimes, la Chin Human Rights Organisation,
qui cherche à obtenir justice pour le peuple chin, une minorité du
Myanmar. Lors du dépôt de la plainte, la dirigeante de l’organisation a
tenu à saluer et soutenir les efforts historiques du Timor-Leste en faveur de la justice et de l’indépendance.
Les autorités du pays vont désormais déterminer s’il y a lieu
d’engager des poursuites contre les dirigeants militaires du Myanmar,
dont le chef de la junte, Min Aung Hlaing. Toute éventuelle procédure
reposerait sur le principe de la « compétence universelle
», qui permet à des juridictions nationales de juger des crimes
internationaux, quels que soient le lieu où ils ont été commis, ainsi
que la nationalité des victimes ou des auteurs présumés.
Limites des juridictions internationales
Cette semaine, une étude portant sur 23 conflits dans le monde a conclu que le système juridique international destiné à protéger les civils est arrivé à un « point de rupture ». La question de l’avenir même des Nations unies est également posée.
L’efficacité des juridictions internationales pour juger les crimes
de guerre et les crimes contre l’humanité est limitée. La Cour pénale
internationale (CPI) est critiquée pour des poursuites sélectives, sa lenteur et la faiblesse de ses moyens d’exécution. En vingt ans, la Cour a examiné 34 affaires et rendu 13 condamnations.
Les défenseurs de la Cour estiment toutefois qu’elle fait l’objet de
critiques et d’attaques injustifiées, notamment de la part de
l’administration Donald Trump, qui lui a imposé des sanctions l’an dernier.
La Cour internationale de justice (CIJ) peut, de son côté, engager la
responsabilité des États pour des crimes, mais non celle des individus.
La Cour pénale internationale (CPI) et la CIJ ont toutes deux ouvert
des procédures concernant le Myanmar, mais celles-ci portent sur des
crimes présumés commis contre la minorité rohingya avant le coup d’État.
L’enquête de la CPI concerne en partie des faits commis au Bangladesh.
En novembre 2024, le procureur en chef de la CPI a demandé aux juges de la Cour de délivrer un mandat d’arrêt contre le chef de la junte, Min Aung Hlaing. Plus d’un an plus tard, aucune décision n’a encore été rendue.
Des défis pour les juridictions nationales
Dans ce contexte, la compétence universelle pourrait jouer un rôle
plus important. Les Nations unies l’ont implicitement reconnue en
mettant en place des mécanismes d’enquête pour la Syrie et le Myanmar,
chargés de collecter des preuves en vue de poursuites ultérieures devant
des juridictions nationales, régionales ou internationales.
De nombreux États disposent de lois leur permettant de poursuivre des
crimes internationaux tels que la torture, le génocide ou les crimes de
guerre. Ce qui fait défaut, ce sont les ressources nécessaires au
financement des enquêtes, ainsi que des critères ou des lignes directrices clairs et transparents pour leur mise en œuvre.
D’autres difficultés apparaissent une fois les procédures engagées.
Les juridictions nationales disposent d’une portée limitée. Les
arrestations sont difficiles : les hauts responsables peuvent invoquer
l’immunité diplomatique ou éviter les pays où ils risquent des
poursuites ou une extradition.
Même les poursuites visant des responsables de rang intermédiaire
peuvent poser des difficultés politiques. Les procédures sont coûteuses
et lourdes, en particulier lorsque les témoins et les preuves se trouvent majoritairement à l’étranger.
Même si des procès sont engagés, les victimes peuvent continuer à
éprouver un sentiment d’injustice, y compris lorsque les procédures ont
une portée stratégiques ou symboliques.
Des succès existent toutefois. Il y a près de dix ans, l’ancien président du Tchad, Hissène Habré, a ainsi été condamné
pour des crimes internationaux au Sénégal. L’affaire a été jugée sur le
fondement de la compétence universelle, sous l’impulsion de réseaux issus de la société civile.
D’autres États appelés à agir
Cette nouvelle initiative du Timor-Leste intervient après d’autres
démarches menées par des groupes de victimes dans plusieurs pays afin
d’obtenir justice pour la population du Myanmar : notamment en
Argentine, où des mandats d’arrêt ont été délivrés contre des dirigeants birmans,
ainsi qu’en Turquie et en Allemagne. Dans la région Asie-Pacifique, des
avocats ont également tenté d’engager des poursuites en Indonésie et
aux Philippines.
Alors que les pays européens recourent de plus en plus souvent
à la compétence universelle pour poursuivre des crimes internationaux,
d’autres États se montrent plus réticents. Certains estiment ainsi que
le Canada et l’Australie pourraient faire davantage pour enquêter sur
les crimes de guerre, alors même que leurs cadres juridiques le
permettent. Cette situation reporte l’essentiel du travail judiciaire
sur d’autres juridictions, parfois dotées de moyens plus limités.
Alors que des atrocités continuent d’être commises dans le monde, il
devient plus que jamais nécessaire que les gouvernements ne se
contentent pas d’un soutien de principe à la justice internationale,
mais démontrent un engagement concret en menant des enquêtes sur leur
propre territoire.
La version originale de cet article a été publiée en anglais.
publié par Association France Timor Leste @ 12:50,
,
Le Timor Leste n’est
indépendant que depuis 2002. C’est un État insulaire entre Australie et
Indonésie. L'Indonésie, de sinistre mémoire, puisqu’il y a tout juste 50
ans, les Indonésiens envahissaient le territoire. Allaient suivre
massacres et oppression. 27 années noires, après 4 siècles d’occupation
portugaise.
Mais
le Timor Leste veut aller de l'avant. Fin octobre 2025, c’est enfin
l’adhésion à l’ASEAN, la grande Alliance économique et politique d’Asie
du Sud-Est : un espoir de stabilité économique.
publié par Association France Timor Leste @ 11:36,
,
L'accord de coopération vise à développer le
concept Greater Sunrise avec des installations de GNL, de gaz domestique
et d'hélium.
Le ministère du Pétrole et des Ressources
minérales du Timor-Leste et Woodside Energy ont signé un accord de
coopération visant à faire progresser les études techniques et
commerciales d'un projet de développement de GNL basé à Timor et lié aux
gisements gaziers de Greater Sunrise.
Cet accord représente
l'une des avancées les plus significatives de ces dernières années en
vue de la mise en valeur du gisement de Sunrise, sujet de discussions de
longue date. Il fait suite à plusieurs mois de dialogue renouvelé entre
le Timor-Leste, l'Australie et la coentreprise Sunrise et établit un
cadre pour le développement d'un projet de GNL entièrement nouveau,
capable de produire environ 5 millions de tonnes par an.
Aux termes de cet accord, les parties réaliseront des études
d'évaluation d'une usine de GNL au Timor-Leste, approvisionnée par une
installation gazière locale et une unité d'extraction d'hélium. Ces
travaux se dérouleront en parallèle des négociations trilatérales en
cours sur les cadres fiscaux, réglementaires et juridiques qui régiront
le développement en amont.
Un plan stratégique inclus dans
l'accord définit les étapes clés nécessaires pour faire progresser le
projet jusqu'à la sélection du concept et les décisions d'investissement
finales. Si les travaux progressent comme prévu, les premiers GNL issus
d'une installation située à Timor pourraient être produits dès
2032-2035.
Le ministre du Pétrole et des Ressources minérales du
Timor-Leste, Francisco da Costa Monteiro, a déclaré que cet accord
démontre l'engagement du gouvernement en faveur d'une voie de
développement qui maximise les bénéfices nationaux.
« Le projet
TLNG présente les meilleurs avantages économiques, sociaux et
stratégiques pour le peuple du Timor-Leste, et nous sommes déterminés à
travailler de manière constructive avec Woodside, la coentreprise
Greater Sunrise et d'autres parties prenantes pour faire avancer le
projet et concrétiser notre vision pour Greater Sunrise », a-t-il
déclaré.
La PDG de Woodside, Meg O'Neill, a déclaré que cette coopération marque une suite logique dans ce partenariat.
« Ce travail prolonge l’étude de concept de l’année dernière et
abordera les considérations restantes nécessaires à la sélection du
concept, telles que la définition de la structure commerciale aval la
plus appropriée pour attirer les financements et la compréhension du
tracé privilégié du gazoduc d’exportation », a-t-elle déclaré.
Les gisements de Greater Sunrise, situés en mer de Timor, recèlent
d'importantes ressources gazières non exploitées. Diverses options de
développement ont été étudiées au cours des vingt dernières années, mais
le nouvel accord témoigne d'une volonté renouvelée d'évaluer une
solution basée à Timor. Les résultats des études, conjugués aux
négociations menées en parallèle entre les parties prenantes et les
gouvernements, détermineront si le projet sera officiellement
sélectionné et approuvé pour l'investissement.
publié par Association France Timor Leste @ 19:44,
,