Le Timor oriental célèbre les 20 ans du référendum qui lui a donné l'indépendance





Hortencio SANCHEZ avec Peter BRIEGER à Jakarta
AFP
Dili (Timor Oriental) (AFP) - Le Timor oriental célèbre vendredi le vingtième anniversaire du référendum qui a permis à cette petite nation lusophone d'Asie du Sud-Est de mettre fin à l'occupation indonésienne mais les massacres qui ont précédé son indépendance hantent toujours les mémoires.
Des drapeaux et des bannières ont été déployés dans la capitale Dili, où la population a participé à des parades et à des danses traditionnelles pour célébrer la transition du pays vers une démocratie indépendante.

Mais les proches des victimes des violences meurtrières qui ont suivi la victoire du oui au référendum de 1999 attendent toujours que justice soit faite.
"L'armée et les milices indonésiennes ont tué ceux qui ont permis l'indépendance de cette nation", a souligné Vital Bere Saldanha, 48 ans, qui a vu quatre de ses frères mourir dans le chaos qui a suivi le référendum.
"La lutte pour la liberté n'a pas été remportée facilement", observe-t-il, interrogé par l'AFP.
Le 30 août 1999, près de 80% des électeurs du Timor oriental ont voté en faveur de la séparation avec l'Indonésie, qui avait envahi l'ancienne colonie portugaise en 1975. L'occupation militaire par l'Indonésie pendant 24 ans avait été sanglante et avait décimé plus du quart de la population.

- terreur post-référendum -
La joie qui a suivi le vote en 1999 s'était vite transformée en terreur quand les forces de sécurité indonésiennes, assistées de milices, ont lancé une vague de violences qui a causé quelque 1.400 morts et fait fuir des centaine de milliers de résidents.

Le Timor, situé au nord de l'Australie, qui compte aujourd'hui quelque 1,3 million d'habitants, majoritairement catholiques, n'a finalement accédé à l'indépendance qu'en 2002.
Les célébrations vendredi du 20ème anniversaire du référendum coïncident avec la visite de responsables étrangers dont le Premier ministre australien Scott Morrison.
Les deux pays ont conclu un traité mettant fin à un litige sur leur frontières maritimes, qui devrait débloquer des milliards de dollars de revenus pétroliers et gaziers pour la petite nation pauvre.
Canberra a aussi promis de payer pour moderniser une base militaire et un nouveau câble internet sous-mariant reliant les deux pays.

Après des débuts chaotiques, avec une tentative d’assassinat de l'ex-leader et prix Nobel de la Paix Jose Ramos-Horta en 2008, la scène politique du Timor oriental est à présent pacifiée.
Mais la situation économique de l'île reste difficile avec quelque 40% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, selon les statistiques de la Banque mondiale.

Le pays, doté de très riches réserves d'hydrocarbures offshore, pourrait être tenté de demander de l'aide à la Chine pour les développer, estiment les analystes. Une perspective qui inquiète les pays voisins au vu de l'influence grandissante de Pékin dans la région.

Le Timor oriental et l'Indonésie ont de leur côté voulu tourner la page des violences.
Une commission de réconciliation en 2008 a conclu à de graves violations des droits de l'Homme pendant l'occupation et en 1999, mais les leaders des deux pays n'ont pas engagé de poursuites contre les militaires considérés comme responsables des tueries.

Les efforts de l'ONU pour poursuivre les responsables militaires, dont l'actuel ministre indonésien à la Sécurité Wiranto, pour crimes contre l'humanité, ont dû être abandonnés.

publié par Association France Timor Leste @ 16:51, ,




José Ramos-Horta : « Nous avons réussi à panser nos plaies »

L’ancien président du Timor oriental, José Ramos-Horta (2007-2012), évoque les premières années d’existence de la toute jeune démocratie. 


Par Publié le 06 septembre 2019 à 12h19 - Mis à jour le 06 septembre 2019 à 19h04
 
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L’ancien président du Timor oriental, José Ramos-Horta (2007-2012), chez lui, à Dili, le 29 août.
L’ancien président du Timor oriental, José Ramos-Horta (2007-2012), chez lui, à Dili, le 29 août. LUKAS COCH / EPA-EFE / MAXPPP
Pardonner, tirer un trait sur le passé, se concentrer sur l’avenir. Vingt ans après le référendum d’autodétermination qui allait mener l’ancienne colonie portugaise à l’indépendance en 2002, l’ancien président du Timor oriental, José Ramos-Horta (2007-2012), revient pour Le Monde sur ce qu’il considère être un aspect fondamental des premières années d’existence de la toute jeune démocratie : « L’un des plus grands succès de notre pays est d’avoir réussi à panser ses plaies. Nous avons achevé un processus de “guérison nationale” des traumatismes », estime cet homme de 69 ans, rencontré dans le jardin de sa belle propriété dominant la baie de Dili, capitale du Timor-Leste.

Fils d’un Portugais exilé durant la dictature de Salazar (1933-1974) et d’une mère timoraise, il fut, dès la sanglante invasion de son pays par l’armée indonésienne, en 1975, et durant les vingt-quatre années d’occupation qui suivirent, l’infatigable porte-parole de la résistance. Sa légitimité au regard de l’histoire et son prix Nobel de la paix, reçu en 1996, qu’il partagea avec l’évêque de Dili Mgr Carlos Filipe Belo, lui permettent d’afficher un pragmatisme absolu sur tous les sujets. Au risque d’en choquer plus d’un.
 
Selon lui, la mise sur pied d’un tribunal spécial, sur le modèle de ceux qui ont condamné les génocidaires rwandais ou les criminels serbes, n’aurait pas été pertinente pour son île. « Les événements qui ont mené à notre indépendance se sont chargés par eux-mêmes de régler la question d’un hypothétique jugement, assure-t-il. Ce sont les Indonésiens qui ont forcé le dictateur Suharto à la démission. Quant aux pays de la communauté internationale qui avaient pris position contre nous en s’alignant sur l’Indonésie, comme les Etats-Unis et l’Australie, ils ont fini par jouer un rôle crucial en notre faveur ! »

Géants indonésiens et australiens

Celui qui fut aussi ministre des affaires étrangères (2002-2006) et premier ministre (2006-2007) affirme en outre, à raison, que l’inculpation formelle, en 2003, par les Nations unies, de l’ancien commandant en chef des forces armées indonésiennes, le général Wiranto, pour crimes contre l’humanité au Timor, n’a servi à rien : « Il était impensable d’imaginer que l’Indonésie allait le livrer pour qu’il soit jugé ! » Non seulement Wiranto n’a jamais été livré par Djakarta, mais il est aujourd’hui ministre de la sécurité de son pays…
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publié par Association France Timor Leste @ 16:47, ,




Comment le Timor oriental est devenu un petit « miracle » démocratique

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/09/06/comment-le-timor-oriental-est-devenu-un-petit-miracle-democratique_5507192_3210.html

LE MONDE

Par  

Publié le 06 septembre 2019 à 12h19 - Mis à jour le 08 septembre 2019 à 17h19


Au loin sur la rade, dominant l’océan depuis un escarpement rocheux, la statue du Christ-Roi aux bras largement écartés semble toujours bénir Dili, la capitale du Timor oriental. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancienne colonie portugaise a eu amplement besoin, dans sa récente histoire, des attentions de ce Christo rei solitaire qui veille sur la baie de Dili…

Il y a vingt ans, rendus fous de colère par les résultats du référendum du 30 août 1999 qui approuvait, à plus de 78 %, l’indépendance du Timor oriental – signifiant ainsi le retrait de l’Indonésie, puissance occupante depuis un quart de siècle –, les soldats de Djakarta, leurs alliés des milices locales et autres « collabos » mirent le pays à sac. Environ 70 % des villes du Timor oriental furent alors rasées, incendiées, détruites. Les violences firent 1 400 morts et provoquèrent la fuite de plus de 200 000 personnes dans l’autre partie de l’île, le Timor occidental voisin, qui appartient à la République d’Indonésie depuis la proclamation d’indépendance de celle-ci, en 1945. Ceux qui étaient restés durent attendre plusieurs semaines – jusqu’au 20 septembre 1999 – pour être « libérés » par une force d’intervention militaire multinationale sous direction australienne. Cela après que l’Organisation des Nations unies (ONU) eut conseillé l’envoi au Timor oriental d’un contingent destiné à « rétablir la paix et la sécurité ».

Des jeunes Timorais au bord d’une piscine datant de la colonisation portugaise, à Baucau, dans le nord-est de l’île, en août 2019.
Des jeunes Timorais au bord d’une piscine datant de la colonisation portugaise, à Baucau, dans le nord-est de l’île, en août 2019. Dimas Ardian/Bloomberg via Getty Images

Toutes les apparences de la stabilité

Le gouvernement et les citoyens ont célébré, vendredi 30 août, le 20anniversaire de ce référendum aux conséquences ambiguës, qui déclencha des horreurs mais fut aussi le premier pas vers la liberté. En 2002, après trois ans d’administration intérimaire sous l’égide de l’ONU, le Timor oriental est devenu une nation indépendante. Et les citoyens de 2019 ont, en général, toutes les raisons de se féliciter de leur situation actuelle : le Timor-Leste, selon l’appellation officielle en portugais, et son million trois cent mille habitants est devenu l’une des démocraties les plus accomplies de l’Asie du Sud-Est, où ce genre de système est relativement rare.

Même si la violence politique et la désunion n’ont pas épargné le Timor oriental, qui reste l’une des plus jeunes nations de la planète, le pays est pacifié. Son niveau de liberté de la presse est remarquable. Après la crise de 2006, quand une grosse poignée de factieux de l’armée fomenta une insurrection et, deux ans plus tard, la tentative d’assassinat du président José Ramos-Horta (2007-2012), la République démocratique du Timor oriental donne désormais toutes les apparences de la stabilité. La tenue régulière de scrutins législatifs est la preuve de la possibilité d’une alternance démocratique renouvelée.

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publié par Association France Timor Leste @ 16:44, ,




Forum Régional de l'ASEAN réuni à Bangkok : plus de 20 initiatives pour 2019-2020

31/05/2019 23:39
 
La réunion des hauts officiels du Forum régional de l'ASEAN (ARF) a approuvé plus de 20 initiatives pour 2019-2020 à Bangkok le 31 mai. Les initiatives portaient sur les secours en cas de catastrophe, la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale, la sécurité maritime, la cyber-sécurité, la dénucléarisation et le désarmement et le maintien de la paix.
 
L’ARF SOM fait partie d’une série de réunions de hauts officiels à la veille de la conférence des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN prévue pour le mois d’août.

La réunion des hauts officiels du Forum régional de l'ASEAN s'est tenue à Bangkok le 31 mai. Photo: VNA/CVN

Les participants à la manifestation ont affirmé que l'ARF restait le principal lieu de discussion sur la coopération en matière de sécurité en Asie-Pacifique. Avec le centre de l'ASEAN, l'ARF est devenue un moteur essentiel pour l'instauration de la confiance entre les pays de la région, grâce à diverses idées sur l'instauration de la confiance et la diplomatie préventive.

La délégation vietnamienne au SOM est dirigée par le vice-ministre des Affaires étrangères, Nguyên Quôc Dung, qui dirige le SOM Vietnam.

Les délégués ont discuté des orientations futures du Forum régional de l'ASEAN et ont convenu de procéder à un examen des activités du forum au cours de la dernière décennie, tandis que le Vietnam, en tant que président du Forum régional de l’ASEAN en 2020, élaborera une vision et un plan d'action pour l’étape de nouveau développement du forum.

La réunion a également examiné un certain nombre de documents sur la sécurité régionale, qui seront soumis à la conférence des ministres des Affaires étrangères de la FRA en août.

Questions maritimes au menu

En examinant les situations internationales et régionales, les pays participants ont souligné l’importance du dialogue et de la coopération, ainsi que du renforcement de la confiance et de la diplomatie préventive pour le maintien de la paix et de la stabilité dans la région. Ils ont souligné l'importance de la paix, de la stabilité, de la sécurité, de la liberté de navigation maritime et aérienne en Mer Orientale. De nombreux pays ont saisi l’occasion pour souligner les principes de retenue, de règlement pacifique des différends et de respect du droit international, notamment la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (UNCLOS de 1982).

Les pays ont reconnu les progrès accomplis par l'ASEAN et la Chine dans la mise en œuvre de la Déclaration sur le conduite des parties en mer Orientale (DOC), et ont exprimé l'espoir que les deux parties parviendraient rapidement à un code de conduite en mer Orientale.

S'agissant de la péninsule coréenne, les participants se sont félicités de la détermination des parties à maintenir le dialogue et à rechercher une solution globale aux problèmes qui se posent dans ce domaine. Les pays ont exhorté les parties concernées à faire tous les possibles pour promouvoir la mise en œuvre intégrale des accords conclus en matière de paix, de stabilité et de sécurité à long terme dans une péninsule coréenne dépourvue d'armes nucléaires.

S'adressant à la réunion, le chef de la délégation vietnamienne a souligné l'importance des mécanismes dirigés par l'ASEAN pour la mise en place d'une structure régionale ouverte, inclusive et fondée sur des règles, ainsi que du dialogue, de la coopération, de mesures de renforcement de la confiance et du respect du droit international dans le contexte de plus en plus de défis compliqués et diversifiés.

Le Vietnam s'est également félicité des résultats des négociations du COC entre l'ASEAN et la Chine, tout en notant ses préoccupations quant aux développements susceptibles de miner la confiance et de nuire à l'environnement pacifique et stable dans la région.

Dans un tel contexte, les pays doivent se contenir, éviter les actions unilatérales susceptibles de saper la confiance, s'abstenir de toute militarisation, se conformer au droit international et à la CNUDM, et régler les différends par des mesures pacifiques afin de maintenir un environnement favorable aux négociations du COC, a déclaré le chef de la délégation vietnamienne lors de la réunion.

La FRA compte 27 membres, soit les 10 membres de l'ASEAN, ainsi que l'Australie, le Bangladesh, le Canada, la Chine, l'Union européenne, l'Inde, le Japon, la République populaire démocratique de Corée, la République de Corée, la Mongolie, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Russie, le Timor-Leste, les États-Unis et le Sri Lanka.

publié par Association France Timor Leste @ 01:36, ,




Coupe du monde de foot 2022 : les qualifications commencent en Asie

https://fr.fifa.com/worldcup/news/les-qualifications-pour-commencent-en-asie

Here's the draw results. Who will advance to the Round 2? Tell us!

⭕️ First-leg: June 6, 2019
⭕️ Second-leg: June 11, 2019.

La Malaisie dans la peau du favori

La Malaisie, la mieux classée des 12 équipes, partira grandement favorite contre le Timor Oriental. La formation classée à la 168ème place espère pouvoir tirer parti de son expérience passée, puisqu'elle a déjà affronté et battu à deux reprises le même adversaire sur la route de Russie 2018. Les Tigres malaisiens seront également encouragés par leur solide performance au Championnat de l'AFF 2018, où ils ont terminé deuxièmes derrière le Viêt-Nam.
L'entraîneur Tan Cheng Hoe a fait appel à un certain plusieurs joueurs prometteurs dont Safawi Rasid, meilleur joueur de la Super League malaisienne la saison dernière. Sous la houlette de l'entraîneur japonais Norio Tsukitate, le Timor Oriental dispose d'une équipe jeune qui bénéficiera quand même de l'expérience acquise l'an dernier lors des Jeux Asiatiques et du Championnat de l'AFF.


publié par Association France Timor Leste @ 01:29, ,




Au Timor oriental, prendre soin de la terre nourricière


Portrait

Ego Lemos, chanteur timorais mondialement connu, a compris que la nature lui avait sauvé la vie pendant les années de guerre. Il développe maintenant des jardins potagers dans les écoles du pays.


  • Pierre Cochez, envoyé spécial à Dili (Timor Oriental),
Au Timor oriental, prendre soin de la terre nourricière
On le rencontre, à l’improviste, dans les locaux de Permatil, une ONG qu’il a fondé il y a une quinzaine d’années pour promouvoir la permaculture et la relation des Timorais avec la nature. L’entrevue se déroule dans la pièce jaune moutarde d’une maison toute simple de Dili, la capitale du Timor Oriental, aux fenêtres encombrées d’une végétation luxuriante. Le seul luxe de ce bureau – où traîne sur la table un rouleau de papier toilette et dans les coins, quelques chaises de bois –, tient dans sa température polaire, produite par un climatiseur qui ronronne. Ego Lemos sort, sans doute, de sa sieste, en tongs, bermuda fleuri, tee-shirt et dread locks. Le lendemain, il part pour le Japon recevoir un prix qui salue à la fois son œuvre musicale et son engagement dans Permatil.

Il se connecte avec la nature dans sa fuite pendant la guerre

Ce chanteur reconnu dans toute la région Asie-Pacifique, et notamment en Australie, a la douceur et la gravité de ceux qui ont traversé l’indicible. Son enfance lui a prouvé que la nature était essentielle à l’homme. C’est cette nature qu’il veut maintenant faire connaître aux enfants timorais.
En 1975, le Portugal quitte l’île de Timor, après plusieurs siècles de colonisation. À l’Est, le territoire est immédiatement envahi par l’Indonésie voisine. La famille d’Ego Lemos fuit dans la jungle. « Nous avons passé quatre ans et demi cachés dans les montagnes. C’est là que je me suis connecté avec la nature. » Son père est arrêté en 1976 – « on ne l’a jamais revu. » Sa mère, lui, sa sœur et son frère, plus jeunes, ont marché du nord au sud de la péninsule, se cachant dans les grottes, se nourrissant de ce que pouvait donner la forêt, escaladant les montagnes. « Ma sœur est morte de sous-alimentation en 1978. Mon frère a été arrêté, puis est mort d’empoisonnement », raconte-t-il d’une voix douce, le dos bien droit sur sa chaise de bois. « Je suis resté seul avec ma mère. »

À lire : les Timorais bâtissent leur pays

Aujourd’hui, il parcourt le monde en chantant en tetum, la langue timoraise, d’une voix chaude et grave qui en fait le cousin de Sixto Rodriguez, le héros de Sugar Man, de l’Ougandais Geoffrey Oryema ou encore de Tracy Chapman. Lui dit avoir été bercé dans sa jeunesse par la poésie des chansons de Bob Dylan, la musique de John Lennon et plus tard par le rythme de Bob Marley.
Ego Lemos a réalisé une tournée européenne en 2010, s’est produit à Londres pour les Jeux Olympiques deux ans plus tard, s’est rendu huit fois au Japon. Mais sa base est ici, au Timor. Il a tout de même effectué deux séjours pour étudier la permaculture en Australie, notamment en 2002, l’année de l’indépendance de son pays.

« Vivre avec la nature est une fête »

Depuis, il a décidé de militer pour cette forme d’agriculture naturelle. « Les Indonésiens avaient voulu industrialiser notre agriculture. Nos fermiers étaient devenus dépendants de la hausse du prix des semences extérieures. » Avec l’indépendance, le gouvernement indonésien remballe son soutien à un système agricole industriel à base de semences hybrides, pesticides et engrais azotés.
Alors, Ego Lemos et quelques amis créent Permatil « pour rendre l’agriculture « sexy », surtout chez les jeunes. » Depuis, Ego Lemos, aidé par sa notoriété de chanteur, a fait voter par le parlement une loi qui impose à chaque école primaire de développer un jardin scolaire et d’intégrer sa culture dans la pédagogie. Cent cinquante écoles du pays ont déjà créé ces jardins potagers où cultivent enfants et parents. « C’est important d’apprendre à manger des produits frais. C’est également essentiel de montrer que vivre avec la nature est une fête. »
Depuis 2010, L’ONG, aidée par le diocèse de Dili, organise chaque année un camp qui rassemble 700 jeunes dans la jungle pendant trois jours autour des techniques de la permaculture. « Nos racines sont mélanésiennes. À Timor, on estime que 85 % des habitants sont encore en contact avec la nature. C’est important de le rester. » D’autant plus qu’ici, sur cette terre chaude, humide et fertile, cette nature est généreuse. Permatil développe également des systèmes pour recueillir l’eau de pluie.

Le chanteur, ami d’autres artistes engagés dans les causes environnementales ou humanitaires comme Bob Geldorf ou l’Irlandais Bono, reçoit pour Permatil le soutien de plusieurs ONG internationales, comme la britannique Oxfam, l’irlandaise Concern ou, en France, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) – Terre Solidaire. Ego Lemos souligne d’ailleurs le rôle de l’Église catholique dans le combat pour l’indépendance des Timorais. « Elle nous a permis de connecter notre combat au monde. »
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Son inspiration  : Les livres de Bill Mollison

« Ce sont les livres de Bill Mollison qui m’ont fait tomber amoureux de la permaculture », explique Ego Lemos. Ce scientifique australien, né en 1928 et mort en 2016, était originaire de l’île de Tasmanie. Il a créé à l’université de Tasmanie le département de psychologie environnementale. Puis il a développé en 1974 le concept de la permaculture en collaboration avec David Holmgren. Il reçut en 1981 le prix Nobel alternatif pour ses travaux. Depuis, ses livres inspirent des générations d’entrepreneurs. Le chanteur timorais a suivi des cours en 2002 de l’institut de permaculture de Tasmanie. « J’ai vécu mon diplôme comme une reconnaissance. »

publié par Association France Timor Leste @ 17:53, ,




Viva Timor Leste !

Le 20 mai 2020 les Timorais ont vu reconnue officiellement leur indépendance par l'ONU et la communauté internationale : Koffi Annan transférait la souveraineté du pays au premier président élu au suffrage universel, Xanana Gusmão.

16 ans déjà !!!

Ce jour-là, à Paris, nous avons créé l’association "France-Timor Leste", continuatrice de l’association historique "Agir pour Timor" qui avait accompagné les Timorais pendant les longues années d'occupation.

Vive Timor Leste !

publié par Association France Timor Leste @ 12:15, ,




Le retour des enfants perdus est-timorais

Eglises d'ASIE

Le retour des enfants perdus est-timorais

25/04/2018
 
Entre 1974 et 1999, lors des conflits violents qui ont secoué la région entre troupes séparatistes et indonésiennes, 4500 enfants est-timorais ont été arrachés à leurs foyers et emmenés de force en Indonésie. Plus de vingt ans plus tard, certains d’entre eux ont pu retrouver leur famille. Malgré leur deuil, ils ont refusé d’oublier leur identité. À leurs côtés, les deux pays continuent leur travail de recherche.
Il y a plus de vingt ans, au Timor Leste, environ 4500 enfants ont été arrachés à leurs familles et emmenés en Indonésie. Aujourd’hui, ils essaient de rentrer chez eux. L’exode de ces enfants est survenu lors des conflits violents qui ont opposé les groupes séparatistes et l’armée indonésienne, entre 1974 et 1999. Un rapport de la Commission pour l’accueil, la vérité et la réconciliation remarque que les enlèvements étaient courants. Une mentalité répandue considérait « qu’en prenant le contrôle du Timor Leste, l’Indonésie avait aussi autorité sur ses enfants. » L’armée indonésienne, et même les autorités civiles du Timor Leste, s'en sont pris à des enfants est-timorais, emmenés de force en Indonésie.

En 2015, Mary Aileen Bacalso, secrétaire générale de l’Afad (Fédération asiatique contre les disparitions involontaires) a eu la chance d’assister personnellement à l’évènement le plus gratifiant pour toute personne travaillant pour les Droits de l’Homme, contre les disparitions forcées : l’identification et la réunification d’enfants longtemps disparus, aujourd’hui adultes, avec leurs familles biologiques. Ils étaient quatorze dans l'avion qui les ramenait au Timor Leste aujourd’hui indépendant, nouveau membre des Nations Unies et États signataire de la Convention relative aux Droits de l’Enfant. C’est la première fois, depuis plusieurs décennies, qu’ils faisaient ce voyage et qu'ils retrouvaient leurs familles. Ce jour-là, ils ont livré plusieurs témoignages saisissants.

4 500 disparitions forcées entre 1974 et 1999
 Ce sont des histoires de deuil, de nostalgie et de refus d’oublier leur identité. Des histoires de travail forcé et d’exploitation sexuelle ; de pauvreté et de manque d’éducation ; de mémoire et de reconstitution de leurs souvenirs. Isabelinha Pinto a été arrachée à ses parents à l’âge de cinq ans. Un soldat l’a enlevée parce qu’il n’avait pas de fille. En Indonésie, Isabelinha n’a pas oublié ce que son père lui avait dit : « Tu dois être forte, honnête et courageuse. » Elle a pris les propos de son père à cœur, et elle a survécu. Un de ses cousins l’a retrouvée. Après avoir été réunie avec ses parents, Isabelinha s’est portée volontaire pour retrouver d’autres enfants comme elle. Elle est devenue un élément clé de la recherche des enfants Timorais disparus.

Victor da Costa, qui travaille pour l’ONG indonésienne Kontras, a été enlevé du Timor quand il avait quatre ans. Quand il est devenu majeur, il est retourné au Timor-Leste pour constater qu’il avait déjà été déclaré mort. « Quand j’ai appris que j’avais déjà ma propre tombe, j’étais partagé entre la tristesse et la colère », regrette-t-il. Une étude appelée Long journey home recense les témoignages de 65 enfants qui ont retrouvé leurs parents. Ces témoignages évoquent leur isolement, la nostalgie omniprésente et la déception face à la perte de leur identité. Ils parlent aussi du traumatisme de la guerre, de l’esclavage, de la torture, des mauvais traitements et du combat pour retrouver leurs familles.

Marco Antonio Garavito Fernandez, psychologue, souligne l’urgence de soigner les cœurs brisés des enfants et de leurs familles biologiques. Le jour où les quatorze enfants Est-Timorais sont retournés chez eux, Marco a découpé des cœurs en papier, dont il a donné la moitié à chacun des membres des familles qui attendaient le retour des leurs, et l’autre moitié aux enfants. Quand les deux moitiés ont été rassemblées, on pouvait toujours voir une cicatrice, mais elles étaient réunies. Plusieurs groupes du Timor-Leste et d’Indonésie ont continué les travaux de recherche, tout en cherchant à accompagner la guérison des enfants et de leurs familles. Par leurs efforts, les deux pays doivent soutenir un travail de mémoire. Le fait de se pencher sur les violations des Droits de l’Homme durant l’occupation indonésienne peut aider panser les blessures, quelle que soit leur profondeur. Ce serait faire un cadeau précieux à ces enfants.

Par Mary Aileen Bacalso, secrétaire générale de l’Afad, la Fédération asiatique contre les disparitions involontaires. Pour son engagement au service des Droits de l’Homme, le gouvernement argentin lui a remis le prix international des Droits de l'Homme Emilio Mignone en 2013.

(Avec Ucanews, Manille)
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Photo Michael Coyne

publié par Association France Timor Leste @ 21:29, ,




L'Australie et le Timor oriental mettent un terme à un litige frontalier

De "Romandie.com", "Le monde de l'énergie" et "Le petit journal.com"


Nations unies (Etats-Unis) - L'Australie et le Timor oriental ont signé mardi à l'ONU un traité qui met un terme à un litige sur leur frontière maritime, ce qui ouvre la voie à la possibilité de débloquer des milliards de dollars de revenus pétroliers et gaziers.

"Cet évènement est historique", a souligné lors de la cérémonie de signature le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Outre ce dernier étaient présents la ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop et le Premier ministre adjoint timorais Agio Pereira.

Le traité va permettre de relancer l'économie en difficultés du Timor oriental - dernière nation d'Asie à avoir rejoint l'ONU en 2002 - grâce à un accord de partage des revenus générés par l'important gisement pétrolier et gazier Greater Sunrise, découvert en 1974. Ils sont estimés entre 40 et 50 milliards de dollars.

Les deux pays sont tombés d'accord en février lors d'un round de négociations à Kuala Lumpur. Le Timor oriental avait saisi en 2016 un tribunal arbitral, contestant une précédente entente conclue en 2006 avec l'Australie.

Face aux tensions exacerbées, plusieurs groupes énergétiques comme Woodside, ConocoPhillips, Shell ou encore Osaka Gas avaient gelé leurs projets d'exploitation des champs de Greater Sunrise.


(©AFP / 06 mars 2018 22h36)

publié par Association France Timor Leste @ 07:57, ,




Fifo 2018 : avec “Abdul & José”, le Timor découvre le documentaire


Fifo 2018 : avec “Abdul & José”, le Timor découvre le documentaire



Abdul & José, de Luigi Acquisto et Lurdes Pires.

Le Festival international du film océanien, qui se tient jusqu’au 11 février à Papeete, fête cette année ses 15 ans. Il accueille un passionnant premier documentaire timorais qui nous fait découvrir des faits historiques largement ignorés en Europe.
La pluie qui, depuis quelques jours, tombe à grand bruit sur Tahiti contredit le cliché gauguinesque des mers du Sud. Mais « qu’on ne s’y trompe pas », prévient Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture de la Polynésie française : « Quand vous voyez une averse, nous voyons les larmes du dieu Oro. » Rien de tel que les changements de points de vue pour battre en brèche les a priori qui bloquent les confrontations avec le réel.
Lorsque, voilà quinze ans, il cofonda le Festival international du film océanien, qui se tient cette semaine à la Maison de la culture de Papeete, l’idée était de révéler et de renforcer les liens et les échanges entre les îles, les nations et les peuples disséminés d’un continent qui n’en est pas tout à fait un. « Du fait de notre géographie, on ne devrait jamais se rencontrer », explique Walles Kotra, directeur exécutif en charge de l’Outre-mer à France Télévisions, originaire de Nouvelle-Calédonie, dont l’amitié avec celui qu’on appelle « Heremoana » est pour beaucoup dans la naissance du Fifo.

Australie, Nouvelle-Zélande, Papouasie, Hawaï, Samoa…

Quinze ans plus tard, le Polynésien et le Mélanésien n’ont pas changé de position. Pour eux, cette manifestation, où convergent professionnels du documentaire venus d’Australie et de Nouvelle-Zélande, mais aussi de Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Hawaï ou des îles Samoa, n’est jamais autant elle-même que lorsqu’elle relie le plus distant et cherche dans l’altérité une forme d’universalité. Ce qu’elle fait cette année en accueillant un film du Timor : Abdul & José, de Luigi Acquisto et Lurdes Pires, premier documentaire d’un pays à la cinématographie balbutiante.
L’histoire d’un des quatre mille enfants enlevés par les Indonésiens lors de la guerre qu’elle livra au Timor oriental : José, devenu Abdul du fait de sa conversion à la religion musulmane, kidnappé en 1979 à l’âge de 9 ans et envoyé dans un orphelinat indonésien. Trente-cinq ans après, bénéficiant d’un programme mis en place par les deux pays à des fins de réconciliation, il passe la frontière et retrouve une famille qui ne l’a pas oublié, mais qui le croyait mort et lui a même consacré une tombe. Abdul & José suit le « mort-vivant » dans ce retour éprouvant et salvateur, accompagné de son épouse et de leurs enfants.

Une sorte d’acte de naissance du documentaire timorais

Passionnant par ce qu’il nous fait découvrir de faits historiques largement ignorés en Europe, le film consiste aussi, jusque dans ses maladresses, dans une sorte d’acte de naissance du documentaire timorais. Un film produit par Bety Reis, connue dans son pays pour une activité théâtrale (avec la troupe Bibi Bulak, alias La Chèvre folle), la coréalisation, en 2013, du premier long métrage de fiction timorais (A Guerra da Beatriz) et d’une telenovela (Ajar) cofinancée par l’Union européenne.
« Faute d’école de cinéma au Timor, c’est en autodidactes que nous nous sommes formés », explique Bety Reis, qui profita d’un tournage australien dans son pays, en 2008, pour observer comment travaillaient les gens du métier. Et qui suivit un atelier de formation mis en place par un organisme étranger, avant de monter une structure de production avec des amis australiens.

L’émergence d’un secteur audiovisuel national embryonnaire

En partie financé par la Communauté des pays de langue portugaise, Abdul & José lui a permis, comme à Luigi Acquisto et Lurdes Pires, de renforcer son savoir-faire. Au point qu’elle se sent aujourd’hui en mesure de monter sa propre société timoraise et d’y intégrer des compatriotes pour les former et favoriser ainsi l’émergence d’un secteur audiovisuel national encore embryonnaire.
Parmi les projets de Bety Reis : un documentaire retraçant l’aventure de Bibi Bulak, qui, de 2000 à 2010, parcourut le pays dévasté par la guerre, en proposant des spectacles au ton léger qui l’ont rendue célèbre. Du drame d’Abdul/José à l’humour de La Chèvre folle, qu’on espère découvrir lors d’un prochain Fifo, c’est l’éclosion possible d’une cinématographie nouvelle dont se sera fait cette année l’écho ce festival des antipodes.

publié par Association France Timor Leste @ 23:04, ,