Fifo 2018 : avec “Abdul & José”, le Timor découvre le documentaire


Fifo 2018 : avec “Abdul & José”, le Timor découvre le documentaire



Abdul & José, de Luigi Acquisto et Lurdes Pires.

Le Festival international du film océanien, qui se tient jusqu’au 11 février à Papeete, fête cette année ses 15 ans. Il accueille un passionnant premier documentaire timorais qui nous fait découvrir des faits historiques largement ignorés en Europe.
La pluie qui, depuis quelques jours, tombe à grand bruit sur Tahiti contredit le cliché gauguinesque des mers du Sud. Mais « qu’on ne s’y trompe pas », prévient Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture de la Polynésie française : « Quand vous voyez une averse, nous voyons les larmes du dieu Oro. » Rien de tel que les changements de points de vue pour battre en brèche les a priori qui bloquent les confrontations avec le réel.
Lorsque, voilà quinze ans, il cofonda le Festival international du film océanien, qui se tient cette semaine à la Maison de la culture de Papeete, l’idée était de révéler et de renforcer les liens et les échanges entre les îles, les nations et les peuples disséminés d’un continent qui n’en est pas tout à fait un. « Du fait de notre géographie, on ne devrait jamais se rencontrer », explique Walles Kotra, directeur exécutif en charge de l’Outre-mer à France Télévisions, originaire de Nouvelle-Calédonie, dont l’amitié avec celui qu’on appelle « Heremoana » est pour beaucoup dans la naissance du Fifo.

Australie, Nouvelle-Zélande, Papouasie, Hawaï, Samoa…

Quinze ans plus tard, le Polynésien et le Mélanésien n’ont pas changé de position. Pour eux, cette manifestation, où convergent professionnels du documentaire venus d’Australie et de Nouvelle-Zélande, mais aussi de Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Hawaï ou des îles Samoa, n’est jamais autant elle-même que lorsqu’elle relie le plus distant et cherche dans l’altérité une forme d’universalité. Ce qu’elle fait cette année en accueillant un film du Timor : Abdul & José, de Luigi Acquisto et Lurdes Pires, premier documentaire d’un pays à la cinématographie balbutiante.
L’histoire d’un des quatre mille enfants enlevés par les Indonésiens lors de la guerre qu’elle livra au Timor oriental : José, devenu Abdul du fait de sa conversion à la religion musulmane, kidnappé en 1979 à l’âge de 9 ans et envoyé dans un orphelinat indonésien. Trente-cinq ans après, bénéficiant d’un programme mis en place par les deux pays à des fins de réconciliation, il passe la frontière et retrouve une famille qui ne l’a pas oublié, mais qui le croyait mort et lui a même consacré une tombe. Abdul & José suit le « mort-vivant » dans ce retour éprouvant et salvateur, accompagné de son épouse et de leurs enfants.

Une sorte d’acte de naissance du documentaire timorais

Passionnant par ce qu’il nous fait découvrir de faits historiques largement ignorés en Europe, le film consiste aussi, jusque dans ses maladresses, dans une sorte d’acte de naissance du documentaire timorais. Un film produit par Bety Reis, connue dans son pays pour une activité théâtrale (avec la troupe Bibi Bulak, alias La Chèvre folle), la coréalisation, en 2013, du premier long métrage de fiction timorais (A Guerra da Beatriz) et d’une telenovela (Ajar) cofinancée par l’Union européenne.
« Faute d’école de cinéma au Timor, c’est en autodidactes que nous nous sommes formés », explique Bety Reis, qui profita d’un tournage australien dans son pays, en 2008, pour observer comment travaillaient les gens du métier. Et qui suivit un atelier de formation mis en place par un organisme étranger, avant de monter une structure de production avec des amis australiens.

L’émergence d’un secteur audiovisuel national embryonnaire

En partie financé par la Communauté des pays de langue portugaise, Abdul & José lui a permis, comme à Luigi Acquisto et Lurdes Pires, de renforcer son savoir-faire. Au point qu’elle se sent aujourd’hui en mesure de monter sa propre société timoraise et d’y intégrer des compatriotes pour les former et favoriser ainsi l’émergence d’un secteur audiovisuel national encore embryonnaire.
Parmi les projets de Bety Reis : un documentaire retraçant l’aventure de Bibi Bulak, qui, de 2000 à 2010, parcourut le pays dévasté par la guerre, en proposant des spectacles au ton léger qui l’ont rendue célèbre. Du drame d’Abdul/José à l’humour de La Chèvre folle, qu’on espère découvrir lors d’un prochain Fifo, c’est l’éclosion possible d’une cinématographie nouvelle dont se sera fait cette année l’écho ce festival des antipodes.

publié par Association France Timor Leste @ 23:04, ,




Abdul, ou l’histoire des enfants volés du Timor

FRANCE INFO -Polynésie
 

Abdul, ou l’histoire des enfants volés du Timor

Abdul était José avant d’être enlevé. Il vivait au Timor oriental. Les Indonésiens l’ont pris quand il avait 9 ans. Il a retrouvé les siens 35 ans plus tard. Mais pour pouvoir être réintégré il lui a fallu vivre une cérémonie de « renaissance ».
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Le film s’ouvre sur un repas. Abdul Rahman, sa femme et ses filles rompent le jeûne en ce mois de Ramadan. Il est 3h30, la scène se passe à Kalimantan dans la partie indonésienne de Bornéo. Abdul Rahman est un homme triste et effacé. Il se cache avec la capuche de son sweat-shirt car il craint les mauvais esprits. Avec sa famille, il prépare un long voyage vers le Timor, son pays d’origine.

Valise, aéroport, taxi, 4x4. Le jour balaye la nuit, la famille poursuit son périple. Et puis, soudain, la portière d’une camionnette s’ouvre et Abdul tombe dans les bras de son frère. Il retrouve sa fratrie, ses oncles et ses tantes qu’il n’a pas vu depuis 35 ans, depuis qu’il a été enlevé lors de l’invasion du Timor oriental par l’armée indonésienne.

En retournant dans la maison de son enfance et sur les terrains qui lui servaient d’espace de jeu quand il était petit, il se rappelle. Les souvenirs affluent, des larmes coulent. « J’avais 6 ou 7 ans, on s’est mis à courir, on voulait emmener les chèvres et les buffles. Je ne comprenais rien, j’étais gamin, mais ils ont dit : ‘fuyez, les Indonésiens arrivent, ils vont vous tuer !’. Alors j’ai fui, on s’est caché sous ce rocher », poursuit Abdul qui se prénommait alors José. « J’étais avec une jeune sœur et un frère adoptif, on ne devait pas sortir parce qu’ils lâchaient des bombes depuis des avions.

Une pierre a glissé, tuant ma sœur et mon frère. Les adultes restaient cachés, quelques enfants sortaient parfois pour aller chercher de l’eau. Je suis sorti une fois et alors j’ai vu les cadavres de mes amis, le sang. On a fini par quitter nos cachettes, on est partis dans tous les sens et puis on m’a emmené.» Abdul a été déposé sur un bateau au milieu d’un stock de munitions et a navigué jusqu’en Indonésie.

Son histoire est celle de milliers d’autres enfants. « À peu près quatre mille », indique Bety Reis, la productrice du documentaire Abdul et José. Réalisatrice, elle est timoraise  et a elle-même été enlevée. « J’ai eu la chance de retrouver rapidement ma famille », précise-t-elle. Mais le sujet lui tient à cœur.

L’invasion du Timor oriental a commencé en décembre 1975 quand les forces armées indonésiennes sont entrées dans ce pays nouvellement indépendant. L’occupation, violente, a duré 25 ans. Entre 60 000 et 100 000 soldats et civils du Timor oriental ont trouvé la mort. Les enfants volés ont été, pour la plupart, élevés dans des orphelinats en Indonésie.

« C’était un moyen d’affaiblir encore plus le Timor en retirant des forces vives et en brisant directement les populations. » Ce documentaire lance comme un cri à l’attention des populations et gouvernements, a été réalisé pour lever le voile sur ce pan de l’histoire océanienne et pour encourager les familles à se retrouver. Mais aussi « pour montrer les difficultés à rapprocher deux modes de vie différents car au Timor les gens sont catholiques et animistes, en Indonésie ils sont musulmans. »

Pour réintégrer sa famille, Abdul sa femme et ses filles ont dû participer à une cérémonie au Timor. Ses proches le croyant mort, des funérailles avaient été organisées, ils ne pouvaient plus le voir vivant. À l’issue de cette cérémonie, Abdul a retrouvé sa famille mais aussi sa joie de vivre et sa confiance en lui. « Avant, j’étais comme un fantôme. » Pour autant, cela n’efface pas les années de malheurs. Abdul, revenu trop tard, n’a par exemple jamais revu sa mère.

Abdul et José a déjà été diffusé à la télévision dans les pays lusophones (il a été financé en partie par la Communauté des pays de langue portugaise). Selon Bety Reis, le documentaire n’a pas laissé les spectateurs indifférents. Sa présentation au FIFO est une étape de plus pour lui. C’est aussi une nouvelle étape pour le FIFO qui voit là son premier documentaire timorais.

publié par Association France Timor Leste @ 23:00, ,




Les jésuites mettent fin à des décennies de pénurie d'eau

EGLISES D'ASIE  - AGENCE D'INFORMATION DES MISSIONS ETRANGERES DE PARIS

Asie du Sud-Est - Timor-Oriental

Les jésuites mettent fin à des décennies de pénurie d'eau

Les jésuites mettent fin à des décennies de pénurie d'eau
12/02/2018 - par Siktus Harson et Thomas Ora, Dili, Timor Leste
 
Des projets jésuites d’approvisionnement en eau courante des régions rurales de Timor-Leste transforment la vie des villageois en profondeur, après des décennies de pénurie.
Durant des décennies, les gens d'Urmera, du district de Liquica à Timor-Leste, ont pris l’habitude de se lever tôt chaque matin pour gravir les quatre kilomètres qui mènent au sommet d’une colline afin d’y puiser de l’eau. Ils devaient prendre de vitesse des centaines d’autres villageois venus puiser dans deux anciens puits, enterrés là durant l’occupation indonésienne. Souvent, ils devaient faire la queue et attendre longtemps avant de pouvoir puiser leur eau.
Domingos da Silva était l’un d’eux. L’homme de 67 ans se levait à 5 heures du matin, poussait un chariot remplit de bidons jusqu’en haut de la colline afin des les remplir, puis recommençait l’opération l’après-midi. Tout cela a pris fin en octobre 2016 grâce à un projet lancé par le Service social Jésuite (JSS), qui a permis de faire venir l’eau potable littéralement jusque devant sa porte.
Environ quarante familles du village de Domingos en ont bénéficié. « Nous avons patienté si longtemps pour cela ! Cela nous a délivrés d’un poids énorme. Maintenant, nous n’avons pas à nous inquiéter pour la cuisine, pour boire, pour nous laver ou pour nos cultures », se réjouit-t-il. « Maintenant, j’ai le temps et la force pour d’autres choses importantes, comme trouver de l’argent pour ma famille. » Ses revenus sont justes, car il doit payer l’éducation de son fils au collège Saint-Ignace de Loyola de Kasait, à environ 15 kilomètres à l’ouest de Dili.
Maintenant, il vend du bois de chauffage tous les jours. Il vend également du maïs et d’autres légumes, parfois au marché local, parfois de porte à porte.
Pour Izelda de Espiritu Santo et sa famille, le projet d’approvisionnement en eau a également transformé la vie des habitants. « Le jour où l’eau courante a commencé à fonctionner a été l’un des moments les plus heureux de ma longue vie », confie cette femme âgée qui avait l’habitude d’aller chercher l’eau à tour de rôle avec ses douze enfants. « L’eau n’est plus un problème. Ce qui nous préoccupe davantage, maintenant, est de subvenir correctement à nos besoins. » Les habitants ont des cultures mais les sécheresses prolongées ont empêché la famille de se reposer sur les récoltes pour assurer un revenu régulier. C’est pourquoi son mari âgé travaille toujours dans une industrie de volailles à Dili.
Marselinus Oki, un ingénieur recruté pour le projet des jésuites, explique que les gens ne les remercieront jamais assez pour ce qui est devenu une étape importante dans leurs vies. L’émotion était si vive que chaque étape du projet était célébrée. « Alors que nous nous apprêtions à creuser les puits, se souvient l'ingénieur, les gens s’étaient rassemblés pour le succès de l’opération. Quand l’eau est arrivée, ils étaient fous de joie et remerciaient Dieu de leur donner enfin à boire. »

Près de 300 000 personnes sans eau courante
Les pénuries d’eau demeurent un problème sérieux à Timor-Leste, particulièrement dans les zones rurales. Il en résulte souvent un assainissement des eaux médiocre. À cause de la sécheresse, les toilettes sont presque inexistantes. Durant la saison des pluies, les bactéries provenant des excréments se répandent. L’eau de pluie récoltée s'infecte et cause, en particulier chez les enfants, des diarrhées et d'autres maladies. D’après un recensement de 2015, plus de 830 000 personnes, parmi la population de 1,1 million d’habitants de Timor-Leste, vit dans les zones rurales. Environ 78% des gens vivant dans les zones urbaines ont accès à l’eau potable, mais seulement 64% des gens des régions rurales en bénéficient, selon Rui de Sousa, directeur des services d’eau et d’assainissement de Timor-Leste.
« Le but du gouvernement est d’approvisionner en eau courant toutes les communautés d’ici 2030 », explique-t-il. Pour l’instant, le gouvernement ne s’occupe que des zones urbaines. Pour les zones rurales, il se tourne vers des partenaires internationaux comme l’agence japonaise pour la coopération internationale (JICA), vers la banque Asian Development, vers l'Australia Fund et des ONG ainsi que d’autres groupes d’Église. Le père Erick John Gerilla, directeur général du JSS (services sociaux jésuites) à Timor-Leste, explique que l’approvisionnement en eau courante est l’une des priorités de l’organisation. En quatre ans, dix châteaux d’eau ont été construits, dont quatre pour des écoles dans les districts de Dili et de Liquica, confie le prêtre philippin.
Selon le père Gerilla, le projet jésuite pour l’eau courante a directement aidé 2 300 personnes (414 familles), ajoutant que le chiffre pouvait être doublé en comptant toutes les personnes utilisant le réseau occasionnellement. Cinq nouveaux projets sont en cours cette année, et cinq autres sont projetés pour 2019. Chacun coûte entre quinze et dix-huit mille dollars. « Avec davantage de châteaux d’eau, nous pouvons aider davantage de gens », explique-t-il.

Des habitudes tenaces
Construire des châteaux d’eau, des puits, et d’autres installations, peut ne prendre que quelques jours. « Mais le défi le plus important est de changer le comportement des gens », précise le prêtre. « Ils ont l’habitude de vivre chacun de leur côté, en clans ou systèmes familiaux. Alors quand il s’agit de les amener à s’impliquer dans la vie de la communauté, cela peut prendre des mois. » Les gens ont utilisé l’eau, jusqu’à aujourd’hui, pour les besoins de base comme boire, cuisiner, se laver, arroser les plantes ou encore donner à boire au bétail. « Nous encourageons maintenant les gens à aller plus loin, en construisant des toilettes, ou encore en apprenant à utiliser l’eau pour devenir davantage autosuffisants. »
Selon le prêtre, un autre problème vient du fait que beaucoup de personnes gagnent leur vie en vendant du bois de chauffage. Pour cela, ils coupent des arbres, qui aident pourtant à retenir l’eau. « Nous leur avons parlé des effets que peut avoir la coupe des arbres sur les puits. Nous leur disons que l’eau est une ressource naturelle, et qu’un jour elle finira par s’assécher si cela continue », regrette le prêtre. « Nous recherchons une alternative au bois de chauffage pour générer des revenus », ajoute-t-il. En attendant, il a été demandé aux gens de planter des arbres près des pompes à eau pour permettre de maintenir le niveau d’eau. Le service social jésuite, confie le père Gerilla, aide en fournissant des semis et de jeunes arbres.
(Source : ucanews)

publié par Association France Timor Leste @ 22:55, ,




Timor Occidental : Les exilés du Timor Oriental face à la pauvreté

EGLISES D'ASIE - AGENCE D'INFORMATION DES MISSIONS ETRANGERES DE PARIS

 

Asie du Sud-Est - Indonésie

   Les exilés du Timor Oriental face à la pauvreté

Les exilés du Timor Oriental face à la pauvreté
09/02/2018 - par Siktus Harson, Kupang
 
Depuis qu’ils ont fui le conflit en 1999, nombreux sont les exilés du Timor Oriental à devoir se battre pour survivre ou pour obtenir des droits de terre dans le Nusa Tenggara Oriental.
Durant près de deux décennies, la vie n’a pas été facile pour Maria Pereira, 67 ans. Depuis qu’elle a fui sa maison de Timor-Leste durant le conflit de 1999, qui a conduit à l’indépendance du pays en 2002, sa vie ne s’est pas améliorée. Aujourd’hui, Maria vit seule dans une petite maison de bois et de palmes séchées, à Raknamo, une région du district de Kumpang dans la province du Nusa Tenggara Oriental, en Indonésie.
« Depuis que j’ai déménagé ici, il y a plusieurs années, depuis le camp de réfugiés où je vivais, ma vie n’a pas changé. Ce terrain où je suis maintenant ne m’appartient pas », soupire-t-elle en montrant le petit bout de terre où sa maison est maintenant érigée.
Son mari et ses trois enfants l’ont quitté pour des raisons inconnues dès les premiers jours de ces années difficiles. Elle dépend maintenant de l’aide de ses proches et de ses amis de Timor-Leste. Maria fait partie des 250 000 réfugiés à avoir fuit le Timor Oriental vers le Nusa Tenggara Oriental, selon l'agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), alors que le pays faisait face à une tourmente politique après le référendum du 30 août 1999.
Dans ce référendum, 94 388 personnes, ou 21,5% de la population du Timor Oriental, ont voté pour continuer à faire partie de l’Indonésie, tandis que 78,5% ont choisi l’indépendance. Beaucoup sont retournés chez eux après que le rapatriement leur a été offert, mais d’autres ont choisi de rester au Nusa Tenggara Oriental. Le secrétariat du Nusa Tenggara Oriental pour la prévention des catastrophes et pour les réfugiés a enregistré, en 2005, qu’il y avait environ 104 436 réfugiés dont 70 453 vivant dans le district de Belu ; 11 176 au Timor central du Nord ; et 11 360 dans le district de Kupang. La plupart vivent dans la pauvreté et n’ont pas de terres, malgré le fait que beaucoup d’argent avait été alloué pour leur réinstallation durant le mandat du président Susilo Bambang Yudhoyono (2004-2014).

Un avenir incertain
« Il y avait trop de bureaucratie et nous n’avons pas vraiment sentit l’efficacité de cet investissement », regrette Matius Alves, 40 ans, également réfugié du Timor Oriental. Pourtant, Alves a eu plus de chance que les autres. Ses propriétaires l’ont autorisé à utiliser environ deux hectares de terrain pour un profit partagé, où il fait pousser des plantations telles que du manioc, du maïs, de la papaye et des bananes. « Toutefois, il y a un problème. D’un côté, je suis reconnaissant. D’un autre côté, ce terrain ne m’appartient pas et peut m’être enlevé n’importe quand », précise Matius.
Francisco Ximenes, un élu local du district de Baucau à Timor-Leste, explique que les gens ont été privés de leurs droits. « Puisque la plupart de la population du Timor Oriental est rurale, ils ont besoin de terre pour se réaliser et subvenir chaque jour à leurs besoins. Mais malheureusement, la plupart vivent sur des terres qui ne leur appartiennent pas, et ils ne savent pas ce que le futur leur réserve », explique Ximenes.
« Au début, quand nous sommes arrivés ici en 1999, c’était la jungle. Personne ne revendiquait de propriété. Mais après que les gens ont coupé les arbres et dégagé le terrain, un par un, les gens sont venus à nous pour revendiquer leurs terres. » Ximenes vit avec environ 700 familles dans un quartier qui appartient à l’armée indonésienne. Il explique qu’une fois, les militaires leur ont demandé de quitter les lieux. « Mais où allons-nous aller ? » avait-il répondu.

Bombe à retardement
Mariano Parada, 34 ans, un activiste de la société Timor-Indonesia, une organisation non-lucrative qui se fait l’avocate des réfugiés du Timor Oriental vivant dans le district de Belu, raconte qu’après que le UNHCR avait terminé son service en 2002, une chance avait été donné aux gens de choisir entre être rapatriés ou relogés. Pour lui, seul le rapatriement était efficace, alors que le relogement était désastreux. La plupart des Timorais expatriés installés dans le district vivent très pauvrement, excepté un petit nombre d’entre eux, recrutés par le gouvernement ou par la police.
« C’est un problème. Nous avons choisi de rester, mais nous n’avons pas de lieu décent pour vivre. Beaucoup ne peuvent plus retourner à Timor-Leste non plus. La vie est très difficile », décrit-il. Mariano craint que de telles conditions se transforment en bombe à retardement, qui mènera un jour au conflit. « Quand les gens ne pourront plus supporter la souffrance, et le fait de vivre sans cesse dans l’incertitude quant à l’avenir, j’ai peur qu’ils finissent par vouloir se venger. »
« Les gens ont sacrifié beaucoup. Ils ont quitté leurs maisons, certains ont même tué durant la guerre pro-Indonésienne. Quand ces sacrifices se seront révélés inutiles, je crains que les gens finiront par se rebeller », explique-t-il. Selon Mariano, le gouvernement indonésien n’a pas prêté attention à leur situation. « Nous avons organisé des manifestations afin de demander au gouvernement de fournir l’électricité, les soins et des écoles. Mais pour l’instant, la situation n’a pas bougé. » En décembre 2016, les gens en ont appelé au président Joko Widodo pour lui demander de venir en aide aux anciens Timorais, en particulier en leur accordant des terres. « Mais nous n’avons reçu aucune réponse », assure Mariano.

Un défi pour l’Église
Le père Vincent Tamelab, prêtre dans la paroisse Sainte-Marie de Fatima à Taklale, dans l’archidiocèse de Kupang, confie que 95% de ses quelque 18 000 paroissiens sont des exilés Est-Timorais. Ils viennent, pour la plupart d’entre eux, des districts de Los Palos, Dili, Baucau, Viqueque, Aileu et Manatutu. L’Église, continue le prêtre, a souvent fait part de son inquiétude et a demandé au gouvernement d’aider à résoudre ces problème de terres, mais sans succès.
«C’est étrange que le gouvernement dise avoir donné des terres aux gens en 1999, mais que jusqu’ici, le statut de ces terres demeure incertain », s’étonne le père Tamelab. Le prêtre souligne également que le barrage de Raknamo, inauguré par le président Widodo le 9 janvier, approvisionne en eau une région de 245 hectares, à l’usage de la population du district de Kupang, dont les expatriés Timorais.
« Nous sommes prudents à cet égard. Parce que quand les terres leurs seront retirées, ils n’auront plus rien et cela engendrera un nouveau conflit », confie le père Vincent, dont la paroisse a changé sa façon d’approcher ses paroissiens, encourageant les Est-Timorais catholiques à s’ouvrir et aller vers les locaux. « Si quelque chose de mal survient, cela ne se répandra pas, parce qu’ils auront construit des relations solides avec les locaux », espère le père Tamelab.
(Source : Ucanews)

publié par Association France Timor Leste @ 22:52, ,




Nouveau test démocratique au Timor Oriental

VATICAN NEWS
Le président Francisco Guterres lors de l'annonce de la dissolution du Parlement, le 26 janvier 2016.  
Le président Francisco Guterres lors de l'annonce de la dissolution du Parlement, le 26 janvier 2016.  (AFP or licensors)

Nouveau test démocratique au Timor Oriental

Le président Francisco Guterres rappelle les Timorais aux urnes après avoir dissous le 26 janvier dernier le parlement. La priorité pour le pays est de retrouver une stabilité afin d'entrer dans l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), selon Frédéric Durand, professeur de géographie à l'université Toulouse II Jean Jaurès.
Entretien réalisé par Joris Bolomey - Cité du Vatican

Le président Francisco Guterres rappelle les Timorais aux urnes. Le 26 janvier dernier, de son palais présidentiel à Dili, la capitale, Francisco Guterres, connu sous son nom de guérilléro Lu-Olo, a dissous le Parlement et appelé à de nouvelles élections législatives afin de mettre fin à l'impasse politique.
Sans majorité absolue dans l'hémicycle, impossible pour les 65 députés timorais de s'entendre en octobre dernier sur un programme de gouvernement et en décembre sur un budget 2018. L'assemblée, issue du scrutin du 22 juillet 2017, est surtout divisée entre le Front révolutionnaire pour l'indépendance du Timor Oriental, dit Fretilin, le parti du président Lu-Olu et du premier ministre Mari Alkatiri, qui dispose de 23 siège, et le CNRT, le Congrès National de Reconstruction Timoraise, parti du premier président timorais et héro de l'indépendance définitive du pays en 2002, Xanana Gusmão, avec 22 siège. Une différence de 0,2% des suffrages. La coalition de 30 députés que le Fretilin a réussi à former avec le Parti Démocrate ne lui a pas permis de l'emporter sur l'opposition.
Ce pays de plus d'un 1,2 million d'habitants, devenu indépendant en 2002, après quatre siècles de colonisation portugaise et vingt-cinq années d'occupation indonésienne brutale, avait connu des violences 2006 et l'ONU était intervenue jusqu'en décembre 2012 pour stabiliser le pays. Mais les risques sont désormais tout autre pour cette démocratie, dont la priorité est d'entrer dans la lucrative Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) selon Frédéric Durand. Il est professeur de géographie à l'université Toulouse II Jean Jaurès, et spécialiste de ce «petit pays» à 95% catholique.
Entretien avec Frédéric Durand, professeur de géographie à l'université Toulouse II Jean Jaurès 
 

publié par Association France Timor Leste @ 22:46, ,




Timor-Leste and Australia to sign border agreement on 6 March in New York

MACAUHUB

Timor-Leste and Australia to sign border agreement on 6 March in New York

5 February 2018
Timor-Leste (East Timor) and Australia are due to sign the new maritime border treaty between the two countries on 6 March, but the model of exploration of the Greater Sunrise oil fields may not be resolved by that date, Portuguese news agency Lusa reported, citing sources familiar with the process.
The treaty places the border in the position advocated by Timor-Leste, which is, halfway between the two countries, just as Timor-Leste has always demanded.
This line almost definitively solves the border issues in the area, although Timor-Leste then needs to conclude the delimitation of other border areas, with Indonesia.
Teams from Timor-Leste, led by Xanana Gusmão, and Australia – whose delegation was led this time by Foreign Minister Julie Bishop – met last week in Sydney, Australia.
Three possible scenarios were up for discussion: a floating exploration – advocated by the oil companies that have the Greater Sunrise concession: Woodside, ConocoPhillips, Royal Dutch Shell and Osaka Gas – the connection to the pipeline linking existing wells in the area to Darwin or a connection to the south of Timor-Leste.
The decision will determine the model of revenue sharing, with Timor-Leste receiving 70% if the pipeline comes to Timorese territory and 80% if it goes to Darwin, according to a source familiar with the negotiations.
The two sides will meet again in Kuala Lumpur for a week of meetings, from 19 to 24 February, and the commission’s work officially ends on 1 March.

(macauhub)

publié par Association France Timor Leste @ 22:43, ,




Crise politique au Timor-Oriental

Journal La Croix

Crise politique au Timor-Oriental

Dans l’embarras après le rejet du budget de l’État pour 2018 par l’opposition, majoritaire au Parlement, le président du Timor-Oriental, Francisco Guterres, a demandé la dissolution de ce dernier et appelle les citoyens à de nouvelles élections.

Le président du Timor oriental Francisco Guterres et son épouse votent lors des élections législatives du 22 juillet 2017.
ZOOM
Le président du Timor oriental Francisco Guterres et son épouse votent lors des élections législatives du 22 juillet 2017. / Valentino Dariell de Sousa/AFP
Vendredi 26 janvier, le président timorais Francisco Guterres, face à l’impasse politique que rencontre son gouvernement, a annoncé la dissolution du Parlement. Le budget 2018 a été refusé par l’opposition majoritaire à la chambre. Les nouvelles élections législatives devraient avoir lieu dans les prochains mois.

Ancienne colonie portugaise

Le Timor-Oriental, ou Timor Est, peuplé de 1,23 million d’habitants, est le plus jeune pays d’Asie. Colonie portugaise du XVIe siècle à 1975, il est ensuite sous occupation indonésienne jusqu’en 1999 date à laquelle a lieu un référendum d’autodétermination. Le pays est ensuite géré par l’ONU jusqu’à la tenue des premières élections démocratiques en 2002, où il obtient son indépendance.
Le pays a connu quatre présidents et des législatives sans incidents. Mais après des violences en 2006 et une tentative d’assassinat sur le président Ramos-Horta en 2008, l’ONU est intervenue pour stabiliser le pays, entre 2006 et 2012. Après l’élection présidentielle et les législatives de 2017, l’organisation américaine Freedom House – qui établit chaque année un rapport sur la démocratie et les libertés dans le monde –, a intégré le Timor Oriental dans la catégorie des pays « libres » et démocratiques.
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Repères. Le Timor-Oriental. indépendant depuis dix ans.

Des dissonances politiques

Le Fretilin, parti du président Guterres élu en 2017, est arrivé très légèrement en tête aux élections législatives de juillet 2017, talonné par le Congrès National de Reconstruction Timoraise (CNRT) du premier président timorais, Xanana Gusmão.
Le Fretilin et le CNRT, qui formaient une coalition de facto depuis 2015, n’ont toutefois pas renouvelé leur alliance. En effet, comme l’explique Frédéric Durand, professeur de géographie à l’Université Toulouse II, chercheur au CNRS et spécialiste du Timor Oriental, « il y a des divergences qui remontent au début des années 2000 entre la ligne du Fretilin et celle défendue par le CNRT, souvent plus concrète et moins idéologique ».

L’impasse budgétaire

La coalition menée par le CNRT a rejeté à deux reprises le budget 2018 en fin d’année dernière car, selon elle, ce dernier ne « reflétait pas les priorités du peuple et de la nation ». Le point de discorde porte sur l’emploi des revenus tirés des ressources en hydrocarbures du pays, importantes mais pas infinies.
Devant cette impasse politique, le président timorais a donc décidé de dissoudre le Parlement et de réclamer de nouvelles élections qui ne devraient pas avoir lieu avant avril prochain.
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Les voies infernales du Timor-Oriental

Le spectre des violences de 2006

La question se pose aussi d’une éventuelle destitution du président par le Parlement. « Un risque quasi nul, puisque la majorité des parlementaires souhaite un déblocage de la situation », explique encore Frédéric Durand.
Le souvenir des tensions politiques qui avaient conduit aux violences de 2006, et l’Église, importante dans ce pays où 95 % de la population est catholique, « jouent un rôle de garant de la stabilité du pays. Ainsi, trois évêques sont intervenus pour demander à tous les dirigeants de s’engager à éviter la violence », précise le chercheur du CNRS.
Victoria Tassel

publié par Association France Timor Leste @ 22:39, ,




Le Timor-Oriental vote sur fond de déclin des ressources


Le Monde - Asie Pacifique

Le Timor-Oriental vote sur fond de déclin des ressources

C’est l’un des Etats les plus jeunes et les plus pauvres au monde. Le Timor-Oriental, ancienne colonie portugaise située sur une île partagée avec l’Indonésie, s’apprête à élire ses députés sur fond de désastre économique annoncé.
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L’ancien président Xanana Gusmao lors d’un meeting du CNRT (Congrès national de reconstruction timoraise), le parti de la résistance, à Dili, capitale du Timor-Oriental, le 18 juillet 2017.
Les Est-Timorais élisent samedi leurs députés, un test pour la coalition au pouvoir. Les deux plus grands partis de la jeune nation du Sud-Est asiatique se sont alliés en 2015 : celui du premier ministre Rui Araujo, Fretilin, et le Congrès national de reconstruction timoraise (CNRT), le parti de la résistance de l’ancien président Xanana Gusmao. Il s’agit des quatrièmes législatives au Timor-Oriental depuis son indépendance, arrachée à l’Indonésie en 2002. Plus de vingt formations y participent, pour 65 sièges attribués au scrutin proportionnel, au-delà d’un seuil de 4 % des voix. PNG Report magazineLa campagne, dominée par des accusations mutuelles d’achats de votes, s’est déroulée sans heurts majeurs. Le pouvoir semble avoir réussi à imposer une stabilité politique. Le premier vote sans la présence d’observateurs de l’ONU s’est passé dans le calme en mars, pour l’élection du président Francisco Guterres, du Fretilin. Le prochain premier ministre devrait être issu du CNRT, en tête pour les législatives. L’électorat se positionne davantage en fonction du rôle du parti dans le mouvement pour l’indépendance que sur des bilans ou projets concrets, estime l’ONG Asia Foundation.C’est un moment de transition important, car un cinquième des électeurs votent pour la première fois. Ils n’ont pas connu l’occupation indonésienne ni portugaise. La majorité est fixée à 17 ans, pour une moyenne d’âge globale de la population d’à peine 19 ans. Une nouvelle formation politique menée par l’ancien président Taur Matan Ruak, le Parti de libération du peuple, a tenté de séduire ces jeunes avec une campagne axée sur l’éducation, la santé, la lutte contre la corruption et le service militaire obligatoire face au taux de chômage élevé chez les moins de 25 ans. Inside Story, ABC News L’Etat pourrait faire faillite dans les dix ans à venir. Le budget du gouvernement dépend à plus de 90 % des revenus du pétrole. Or ceux-ci diminuent, et les réserves financières du pays, de 16 milliards... 

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publié par Association France Timor Leste @ 20:20, ,




Emission de RFI à l'occasion du 15ème annniversaire de la restauration de l'indépendance du Timor

RFI - Grand reportage

Timor Oriental, 15 ans




Vue aérienne près de Dili, Timor Oriental. © United Nations Photo/Martine Perret/via Flickr

C’était il y a 15 ans... Moitié d’île coincée entre l’Indonésie et l’Australie, le Timor Oriental arrachait son indépendance par référendum en mai 2002, après quatre siècles de colonisation portugaise, puis 24 ans de lutte armée avec l’Indonésie voisine, qui l’avait annexé par la suite. Dans ce petit pays d’à peine plus d’un million d’âmes, catholique à 98%, un bon tiers des habitants vivent aujourd’hui encore sous le seuil de pauvreté. L’équation du développement y est notamment compliquée par l’extrême jeunesse de la population, les carences du système éducatif et les limites de sa principale richesse, des gisements pétroliers, qui sont sur le point de s’épuiser dans les années à venir.

Lien vers l'émission de RFI

publié par Association France Timor Leste @ 15:39, ,




Francisco Guterres, Lu-Olu, nouveau président de la RDTL lors de la cérémonie d'investiture

publié par Association France Timor Leste @ 15:35, ,