Liberté de la presse dans le monde : rapport annuel de RSF

Reporters sans Frontières a publié ce 30 avril 2026 son bilan annuel sur l’état de la liberté de la presse et du travail des journalistes dans chaque région et pays du monde. Timor Leste apparaît en 30ème position dans le classements général.

 Voici la partie qui concerne la région d'Asie-Pacifique, le Timor y est en troisième position, après la Nouvelle Zélande et Taïwan. 

 Extrait du rapport concernant cette région : https://rsf.org/fr/classement/2026/asie-pacifique 


Asie - Pacifique

Des accusations de terrorisme aux lois sur la cybersécurité, les régimes autoritaires instrumentalisent le droit pour museler la presse

Dans 21 des 32 pays et territoires évalués en Asie-Pacifique, la situation de la liberté de la presse est “difficile” ou “très grave”. La région figure parmi les plus répressives au monde et la tendance s'aggrave. Plus préoccupant encore, les modèles de censure forgés par certains régimes autoritaires, au premier rang desquels la Chine, s'exportent désormais bien au-delà de leurs frontières.

L’influence des modèles autoritaires

Sur le papier, la quasi-totalité des États de la région reconnaissent la liberté de la presse. Dans les faits, ce principe est massivement piétiné. La Corée du Nord (179e) en offre l'illustration la plus extrême : inscrite dans la constitution, la liberté d'informer y reste lettre morte. Le pays demeure l'un des régimes les plus fermés au monde, où la presse indépendante est tout simplement interdite.

En Chine (178e), le régime a considérablement élargi son arsenal répressif ces dernières années, en multipliant les lois sur la sécurité nationale, régulièrement brandies pour emprisonner des journalistes. Avec 121 d’entre eux actuellement derrière les barreaux, le pays est la plus grande prison au monde pour la profession. Un modèle qui inspire ses voisins : au Vietnam (174e) et en Birmanie (166e), des lois de “cybersécurité” calquées sur le modèle chinois sont devenues des instruments de censure en ligne.

En Afghanistan (175e), depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont méthodiquement mis en place un cadre législatif destiné à contrôler l'image du pays, à étouffer toute remise en cause de leur pouvoir et à imposer leur propagande.

La criminalisation du journalisme, de l'Inde aux Philippines

Même dans des contextes moins verrouillés, les cadres juridiques sont de plus en plus détournés pour bâillonner les journalistes. En Inde (157e), le harcèlement judiciaire contre les médias indépendants s'intensifie, nourri par un recours croissant aux lois pénales – diffamation et sécurité nationale, entre autres – ciblant directement les professionnels des médias. Au Pakistan (153e), la presse fait face à des vagues successives de restrictions dans un climat politique tendu, où les autorités cherchent à encadrer, voire à étouffer, la circulation de l'information.

Aux Philippines (114e), l'accusation de terrorisme s'est muée en outil de répression contre la presse. Frenchie Mae Cumpio, 27 ans, en est l'exemple le plus éloquent : elle est détenue depuis six ans sous cette accusation dans une affaire montée de toutes pièces, un cas sans précédent dans le pays. En Indonésie (129e), à Singapour (123e), en Malaisie (95e) et en Thaïlande (92e), les journalistes sont régulièrement la cible de poursuites-bâillons, engagées par des élites politiques ou économiques qui exploitent les failles de systèmes juridiques offrant peu de protection à la presse.

Les modèles démocratiques sous pression

Même dans les démocraties établies, des dispositions légales fragilisent la liberté de la presse. Au Japon (62e), la loi sur les secrets d'État fait peser une menace diffuse sur le journalisme, faute de garanties suffisantes pour la protection des sources – un terreau propice à l'autocensure. En Corée du Sud (47e), les récentes mesures prises par le gouvernement pour lutter contre les “fausses informations” sont critiquées par des organisations de défense de la liberté de la presse, ce qui révèle la tension persistante entre la lutte contre la désinformation et la préservation du droit d'informer.

Aucun pays de la région ne figure dans le top 20 du Classement mondial de la liberté de la presse. La Nouvelle-Zélande (22e), malgré un recul de six places, reste le meilleur élève de la zone. Taïwan (28e), le Timor oriental (30e) et l'Australie (33e) affrontent des défis réels, mais continuent d'offrir un environnement globalement protecteur. Autant d'exceptions dans une région où la liberté de la presse ne cesse de se dégrader.

publié par Association France Timor Leste @ 16:04,

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